Infarctus chez la femme : Reconnaître les signes atypiques pour sauver des vies

Douleur à la mâchoire, nausées, fatigue extrême ? Les symptômes de l'infarctus chez la femme sont souvent atypiques et retardent l'alerte. Découvrez les signes vitaux à connaître et l'initiative des HUG pour la santé cardiovasculaire féminine. Formation premiers secours en entreprise par Pulse Formations.

« C'est juste une indigestion », « Je suis fatiguée, c'est le stress ». Combien de femmes ont minimisé ces signes, pensant passer un mauvais moment, alors que leur cœur était en danger ?

L'infarctus du myocarde chez la femme reste le grand mal connu des urgences vitales. Contrairement aux hommes, qui présentent souvent la douleur thoracique typique (la fameuse « barre » sur la poitrine), les femmes développent des symptômes atypiques, plus discrets, plus diffus.

Le retard d'alerte est mesuré. Une étude zurichoise portant sur 4 360 patient·es victimes d'un infarctus entre 2000 et 2016 a établi que les femmes ont attendu en moyenne 37 minutes de plus que les hommes avant d'alerter les secours. Le détail le plus parlant tient à l'évolution : sur ces seize années, le délai s'est raccourci chez les hommes, et il est resté inchangé chez les femmes [1].

Dans le domaine des premiers secours, ces minutes-là sont une éternité. Elles font la différence entre une récupération complète et des lésions cardiaques irréversibles.

Chez Pulse Formations, nous croyons que la connaissance de ces signes spécifiques doit faire partie du bagage de tout·e collaborateur·rice, et particulièrement des équipes féminines et des responsables RH soucieux·ses de la santé au travail.

Des symptômes trompeurs qu'il faut absolument connaître

La Fondation « Agir pour le cœur des femmes » le rappelle inlassablement : l'infarctus chez la femme ne ressemble pas toujours à celui des hommes [3]. Il est crucial d'agir dès les premiers signes, sans attendre une douleur thoracique intense — des signes que le stress chronique contribue souvent à masquer.

Les signes avant-coureurs à surveiller (souvent présents plusieurs jours avant)

  • Une fatigue inhabituelle et extrême, même sans effort.
  • Un essoufflement disproportionné.
  • Des troubles du sommeil inexpliqués.
  • Une anxiété soudaine ou un sentiment de « mort imminente ».

Les signes de l'infarctus en cours (à ne surtout pas ignorer)

  • Douleurs atypiques : elles peuvent irradier dans le dos, la mâchoire, le cou, ou les deux bras (pas seulement le gauche).
  • Sensation de compression : comme un étau, mais parfois légère.
  • Symptômes digestifs : nausées, vomissements, douleurs à l'estomac (souvent confondues avec une indigestion).
  • Sueurs froides et pâleur soudaine.
  • Malaise général : vertiges, perte de connaissance.

Le réflexe qui sauve : dès l'apparition de ces signes, surtout s'ils sont combinés, arrêtez toute activité, asseyez-vous, et donnez l'alerte immédiatement au 144. Laissez les secours venir à vous plutôt que de conduire vous-même à l'hôpital.

Une prise de conscience institutionnelle : le nouveau pôle des HUG

Cette réalité médicale, longtemps sous-estimée, est enfin au cœur des priorités sanitaires. Le 6 mars 2026, à quelques jours de la Journée internationale des droits des femmes, les Hôpitaux universitaires de Genève ont annoncé la création d'un Pôle de santé cardiovasculaire pour la femme [2].

Cette initiative pionnière vise à combler le retard de diagnostic et de prise en charge. La Dre Elena Tessitore, médecin adjointe au Service de cardiologie des HUG et responsable de ce pôle, souligne que les femmes banalisent leurs symptômes et consultent trop tardivement. Le pôle poursuit trois missions :

  1. Identifier les pathologies cardiovasculaires spécifiques aux femmes.
  2. Sensibiliser aux risques lors des étapes hormonales clés de la vie : contraception, grossesse, ménopause.
  3. Promouvoir un dépistage et une prévention adaptés.

C'est une avancée majeure pour la santé publique en Suisse romande, qui rejoint les actions de la Fondation « Agir pour le cœur des femmes », dont le travail de pédagogie sur les symptômes atypiques est essentiel [3].

Le rôle crucial des premiers témoins en entreprise

En entreprise, ces connaissances sont vitales. Une collaboratrice qui se plaint d'une « simple fatigue » ou de « douleurs au dos » lors d'une journée chargée peut être en train de faire un infarctus. Vos équipes sont-elles formées à reconnaître ces signes subtils — et surtout, à oser s'en saisir le jour venu ?

Chez Pulse Formations, nous intégrons systématiquement ce module spécifique « Infarctus chez la femme » dans nos formations BLS-AED et premiers secours en entreprise.

  • Nous apprenons à prendre au sérieux les symptômes atypiques.
  • Nous entraînons à la prise de décision rapide face à un malaise.
  • Nous démystifions l'infarctus pour qu'il soit reconnu comme ce qu'il est : une urgence qui concerne tout le monde.

« Former vos équipes, c'est leur donner les moyens de protéger leurs collègues. Savoir reconnaître un infarctus atypique chez une femme, c'est potentiellement sauver la vie d'une mère, d'une sœur, d'une collaboratrice précieuse. »

— Sébastien Martin-Achard, fondateur de Pulse Formations

Agir vite, c'est sauver des vies

La chaîne de survie commence par la reconnaissance des signes. Si vous ou une collègue présentez ces symptômes :

  1. Arrêtez toute activité immédiatement.
  2. Alertez les secours au 144 en décrivant précisément les symptômes, même atypiques.
  3. Mettez la personne au repos, en position semi-assise.
  4. Préparez l'arrivée des secours et allez chercher le défibrillateur.

Faites confiance à votre intuition. Mieux vaut une alerte « pour rien » qu'un retard fatal — et les professionnel·le·s du 144 sont là précisément pour trancher ce doute avec vous [4].

Formez vos équipes à la réalité des urgences féminines

La santé cardiovasculaire des femmes est l'affaire de tou·te·s. Intégrer cette spécificité dans votre politique de sécurité au travail, c'est montrer que vous prenez en compte la santé réelle de toutes vos équipes.

Pulse Formations intervient dans les entreprises de Genève, Lausanne et de toute la Suisse romande pour dispenser des formations à jour, incluant les dernières recommandations et les spécificités de genre dans les urgences vitales.

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Sources

[1] Meyer M.R., Bernheim A.M., Kurz D.J. et al., Gender differences in patient and system delay for primary percutaneous coronary intervention: current trends in a Swiss ST-segment elevation myocardial infarction population, European Heart Journal: Acute Cardiovascular Care, 2019;8(3):283-290 — Stadtspital Triemli, Zurich, 4 360 patient·es, 2000-2016 : academic.oup.com
[2] Hôpitaux universitaires de Genève — Les HUG créent un Pôle de santé cardiovasculaire pour la femme, communiqué de presse du 6 mars 2026 : hug.ch
[3] Fondation « Agir pour le cœur des femmes » — campagnes de sensibilisation aux spécificités cardiovasculaires féminines : agirpourlecoeurdesfemmes.com
[4] Smyth M.A. et al., European Resuscitation Council Guidelines 2025 — Adult Basic Life Support, Resuscitation 215 (2025) 110771 : rôle de la centrale d'urgence dans la reconnaissance et le guidage : erc.edu

Cet article présente une information générale et ne se substitue pas à un avis médical individualisé. En cas de suspicion d'infarctus, appelez le 144 sans attendre.

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