« Est-ce qu'on est obligé·es d'avoir un défibrillateur ? » C'est la question qui revient le plus souvent quand nous formons une équipe en entreprise. La réponse tient en une phrase — et cette phrase passe complètement à côté de l'essentiel. Parce que la vraie question, celle qui décide de la vie d'un·e collègue, tient dans un chiffre : chez une personne dont le cœur est en rythme choquable, chaque minute qui passe avant le choc fait perdre 3 à 6 % de chances de survie [1]. Voici comment décider, en connaissance de cause.

Le sujet mérite d'être traité froidement, parce qu'il engage un budget, une responsabilité et — le jour venu — quelques minutes décisives. Cet article fait le point sur ce que le droit suisse exige réellement, sur ce que les cantons ajoutent, et sur ce qui distingue un appareil qui sauve d'un appareil qui dort dans un couloir.

1. La réponse courte : le droit fédéral laisse le choix

Le texte de référence reste l'article 36 de l'Ordonnance 3 relative à la loi sur le travail (OLT 3) : tout employeur doit organiser les premiers secours dans son entreprise. Le commentaire officiel du SECO, dans sa version du 29 novembre 2024, décrit l'équipement attendu comme « le matériel de premiers secours (pharmacie de premiers secours, boîte, valise ou sac à dos de pansements) et un équipement d'urgence ciblé en fonction des risques » [2]. Le défibrillateur automatique externe — AED dans l'usage suisse et dans les cours du SRC, « DAE » dans la terminologie des textes fédéraux — ne figure donc pas dans une liste de matériel imposée à toutes les entreprises : il relève de votre analyse de risques.

Le même commentaire pose toutefois une condition que beaucoup d'entreprises découvrent trop tard. Parmi les compétences que doivent posséder les personnes chargées des premiers secours, le SECO cite explicitement l'« utilisation d'un défibrillateur automatique externe, DAE, si un tel appareil est disponible » [2]. Autrement dit : dès l'instant où un AED est accroché à votre mur, former vos secouristes à s'en servir devient une exigence, et cette formation doit être « rafraîchie régulièrement » [2]. Acheter l'appareil crée l'obligation qui l'accompagne.

Une précision de transparence. Certains cantons et certaines branches vont plus loin que le régime fédéral. À Genève, un seuil de 150 personnes a longtemps circulé, rapporté en 2016 devant le Grand Conseil comme une directive cantonale imposant un défibrillateur et du personnel formé aux entreprises de plus de 150 collaborateur·rice·s [3]. Nous n'avons pas pu confirmer que ce seuil soit toujours en vigueur en 2026 : avant de vous en prévaloir — ou de le considérer comme caduc — la bonne démarche consiste à interroger directement l'OCIRT et la Direction générale de la santé de votre canton. La même prudence vaut pour les établissements soumis à des exigences sectorielles (accueil de l'enfance, EMS, installations sportives, manifestations publiques).

Il vaut la peine de noter où en est la réflexion européenne, parce qu'elle indique la direction. Dans ses recommandations 2025, l'European Resuscitation Council fait de la préparation des lieux de travail une de ses priorités de plaidoyer, et relaie la coalition AWARE, qui demande à l'Union européenne une disponibilité large des AED sur les lieux de travail — un domaine que la réglementation européenne actuelle laisse, de l'aveu même du texte, sans politique unifiée [4]. Le vide juridique est identifié. Les entreprises qui s'équipent aujourd'hui prennent simplement une longueur d'avance.

2. Le vrai enjeu se compte en minutes, pas en articles de loi

Voici le chiffre qui change la perspective. Chez une personne dont le cœur est en fibrillation ventriculaire, chaque minute de retard avant le choc réduit de 3 à 6 % la probabilité de sortir vivante de l'hôpital, et augmente de 6 % la probabilité que le choc échoue à corriger le rythme [1]. Mettez ce chiffre en regard de la réalité de votre étage : le SECO fixe comme objectif que deux personnes formées soient sur les lieux en moins de trois minutes [2], tandis que la norme de référence pour l'arrivée d'une ambulance se situe autour de 10 minutes en ville et 15 minutes en zone rurale dans 90 % des cas [3].

Entre la troisième et la dixième minute, il y a donc un intervalle que personne d'autre que vos équipes ne peut couvrir. Les données associent très fortement ces minutes-là au devenir des victimes : sur 2500 arrêts cardiaques publics à rythme choquable observés en Amérique du Nord entre 2011 et 2015, la survie à la sortie de l'hôpital atteint 66,5 % quand un·e témoin a délivré le choc, contre 43,0 % quand on a attendu les secours (rapport de cotes ajusté 2,62) — et l'écart se creuse à mesure que l'ambulance met du temps à arriver [5]. Dans cette même étude, c'est sur les sites industriels que le bénéfice du choc par un·e témoin ressort le plus fortement de tous les lieux analysés, avec toutefois un intervalle de confiance large [5]. Il s'agit d'une étude observationnelle : elle établit une association, pas une causalité.

À l'échelle suisse, la marge de progression saute aux yeux. Selon le registre national SWISSRECA (rapport annuel 2024), environ 12 % des personnes réanimées après un arrêt cardiaque hors hôpital sortent vivantes de l'hôpital, et un défibrillateur est utilisé avant l'arrivée des secours dans 11 % des situations seulement [6]. Le matériel existe. Ce sont les gestes qui manquent.

« En intervention, j'ai vu les deux scénarios. Celui où l'AED arrive dans les mains d'un·e collègue avant nous, et où on prend le relais sur quelqu'un qui a déjà un pouls. Et celui où l'appareil était à trente mètres, dans une armoire fermée à clé, et où personne ne savait. Le même appareil, deux histoires différentes. La différence, c'est l'entraînement. »

— Sébastien Martin-Achard, fondateur de Pulse Formations

3. Un AED utile, c'est un AED atteignable

Le constat le mieux documenté de toute la littérature sur la défibrillation d'accès public tient en une phrase : les appareils sont là, et ils restent dans leur boîtier — souvent parce que personne n'ose s'en saisir. À Copenhague, entre 2011 et 2013, 15,1 % des arrêts cardiaques survenaient à moins de 100 mètres d'un AED accessible, et un AED a été appliqué avant l'arrivée de l'ambulance dans 3,8 % des cas [7]. Au Tessin, canton pourtant très densément équipé, 23 % des 2802 arrêts cardiaques recensés entre 2005 et 2015 se produisaient à moins de 100 mètres d'un appareil — et ce taux tombe à 15 % si l'on ne compte que les AED réellement accessibles au public 24h/24 [8]. C'est ce second chiffre qui compte le jour J.

D'où les recommandations très concrètes de l'ERC 2025. Elles visent les AED en accès public ; nous les transposons ici à un bâtiment d'entreprise, où la logique est la même dès lors que l'appareil doit être atteint sous pression [1] :

  • Placer les appareils sur la base de données réelles : historique des arrêts cardiaques, délais d'intervention des secours, emplacement des AED existants alentour.
  • Les rendre disponibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, dans des lieux facilement accessibles et — le mot est explicite dans le texte — dans des armoires non verrouillées. Un AED derrière un badge ou une clé de réception satisfait mal ce critère : c'est un arbitrage à assumer en connaissance de cause.
  • Enregistrer chaque AED auprès du service d'urgence local, pour que la centrale puisse orienter un·e témoin vers l'appareil le plus proche pendant l'appel.

Sur ce dernier point, la démarche est simple en Suisse romande. La Direction générale de la santé du canton de Vaud, dans son aide-mémoire Défibrillateur communal AED du 19 janvier 2026, demande que chaque AED soit annoncé via le formulaire vaudois — c'est la seule façon de le faire connaître à la Centrale d'appels sanitaires urgents (CASU 144). Le même document fixe un objectif d'acheminement de l'appareil sur les lieux en quatre minutes maximum, recommande une disponibilité 24h/24 et 7j/7, et rappelle qu'un contrôle visuel hebdomadaire suffit à l'entretien courant, batteries et électrodes étant remplacées périodiquement [9]. Ce document s'adresse aux communes : il ne crée pas d'obligation pour une entreprise privée, mais il donne le standard attendu par le dispositif sanitaire vaudois, et la démarche d'annonce est ouverte à tout détenteur d'appareil [10]. Genève dispose de son côté d'une cartographie cantonale des défibrillateurs en libre accès, alimentée par le SITG et le 144 ; pour y faire figurer votre appareil, le plus simple est de passer par la centrale 144 genevoise [11].

Un point d'achat à connaître. Des AED « ultraportables » ou de poche sont apparus sur le marché. S'appuyant sur une revue conduite par l'ILCOR en 2025, l'ERC conclut que les données restent insuffisantes : le Conseil se déclare pour l'instant hors d'état de recommander leur adoption tant que des données cliniques de haute certitude ne démontreront pas un meilleur devenir des patient·es [1]. Pour un équipement d'entreprise, restez sur un appareil standard.

4. Le vrai calcul : ce que coûte un dispositif qui fonctionne

Les prix des appareils évoluent trop vite pour qu'un article les fige utilement : demandez deux ou trois offres à des fournisseurs suisses, en incluant le boîtier mural, les électrodes de rechange et la batterie. Ce qui se documente en revanche très bien, c'est le rapport coût-efficacité d'un programme complet, appareils et formation compris.

Le programme cantonal tessinois de défibrillation précoce, comparé sur les périodes 2002-2005 et 2008-2012, a été évalué à 15 190 francs par année de vie sauvée, pour un coût total de programme de 3,4 millions de francs, avec une survie à la sortie de l'hôpital passée de 7,0 % à 9,8 % [12]. À Zurich, équiper et former l'ensemble de la police municipale a coûté 320 000 francs au total, puis 37 000 francs par an de formation et de recertification ; entre la période 2004-2009 et la période 2010-2015, la survie à la sortie de l'hôpital est passée de 6,9 % à 13,6 % [13]. Pour situer ces montants : une revue suisse de 2008 citait 14 000 francs par année de vie sauvée pour l'aspirine en prévention secondaire, et 60 000 francs pour gagner une seconde sur le temps de réponse d'un service d'ambulances [14].

Trois réserves méthodologiques méritent d'être posées, parce que ces chiffres circulent souvent sans elles. L'évaluation tessinoise est un résumé de congrès reposant sur une comparaison avant/après sans randomisation, et son résultat dépend d'une hypothèse posée de cinq ans de survie moyenne par patient·e. L'étude zurichoise combine plusieurs améliorations simultanées du système de secours ; dans le sous-groupe des personnes défibrillées d'abord par la police, le gain de survie ne ressort d'ailleurs pas comme statistiquement significatif. Ces montants donnent un ordre de grandeur utile, pas une garantie de résultat.

La leçon budgétaire, elle, est constante d'une étude à l'autre : l'appareil est le poste le moins déterminant. Ce qui produit la survie, c'est l'emplacement, l'accessibilité permanente, l'enregistrement auprès du 144 et — surtout — des personnes entraînées qui iront le chercher sans hésiter. Un AED sans programme de formation adossé reste un investissement immobilisé.

5. Six décisions à prendre, dans cet ordre

  1. Commencez par les personnes. L'obligation de l'art. 36 OLT 3 porte sur l'organisation des premiers secours ; le commentaire du SECO y ajoute l'objectif d'une arrivée sur les lieux en moins de trois minutes [2]. Vérifiez d'abord que votre effectif de secouristes tient ce délai — c'est le préalable qui rend un AED utile.
  2. Décidez de l'emplacement avant de décider du modèle. Depuis le poste de travail le plus éloigné, quelqu'un doit pouvoir rapporter l'appareil en quatre minutes maximum [9].
  3. Choisissez l'accès permanent. Armoire non verrouillée, signalétique visible, disponibilité 24h/24 et 7j/7 [1].
  4. Annoncez l'appareil au 144. Vaud et Neuchâtel disposent chacun d'un formulaire d'annonce en ligne [10] ; à Genève, la cartographie cantonale est tenue avec la centrale 144 [11].
  5. Inscrivez l'entretien dans une routine. Un contrôle visuel par semaine, plus le suivi des dates de péremption des électrodes et de la batterie [9].
  6. Formez, puis reformez. Le SECO l'attend dès qu'un AED est présent, et les compétences s'entretiennent [2].

Six décisions, et une seule question à laquelle elles répondent toutes : si quelqu'un s'effondre chez vous à 16 heures, que se passe-t-il ?

6. Un appareil, ou un dispositif ?

C'est la distinction qui décide de tout, et les recommandations européennes 2025 y consacrent un chapitre entier : la survie après un arrêt cardiaque progresse par une approche de système, pas par des actions isolées [4]. Un défibrillateur acheté seul, posé au hasard d'un couloir, reste un objet. Un défibrillateur placé au bon endroit, signalé, connu de tout le monde, annoncé au 144 et entouré de personnes entraînées devient un dispositif — et c'est le dispositif qui sauve.

C'est exactement là que nous intervenons, au-delà du cours lui-même :

  • L'audit de couverture. Nous parcourons vos locaux avec vous, chronomètre en main : depuis quel poste met-on le plus de temps à rapporter l'appareil ? Combien en faut-il, et à quels étages ? Que se passe-t-il le samedi, ou quand la réception est fermée ?
  • Le choix et la mise en relation avec un fournisseur. Nous vous orientons vers du matériel adapté à votre situation et vous mettons en relation avec des fournisseurs suisses assurant l'installation et la maintenance. Vous gardez la main sur l'achat ; vous évitez de choisir à l'aveugle.
  • La procédure d'alerte. Qui appelle le 144 ? Qui part chercher le défibrillateur ? Qui descend guider l'ambulance jusqu'à l'étage ? Trois rôles à attribuer avant l'événement, jamais pendant.
  • La formation, puis son entretien. Formations BLS-AED certifiées SRC et cours de premiers secours sur site, avec vos locaux, vos horaires et vos risques réels comme point de départ — puis des rappels réguliers, parce que les gestes s'émoussent.

Cette approche, nous l'avons éprouvée à grande échelle. Avant Pulse Formations, Sébastien Martin-Achard a cofondé et dirigé Save a Life, le réseau citoyen genevois de premier·ère·s répondant·e·s : 28 communes partenaires et 156 défibrillateurs installés en accès public entre 2019 et 2022 [15]. Ce qui vaut pour un canton vaut pour un bâtiment : la même logique de couverture, à une autre échelle.

Nous accompagnons les entreprises, communes et associations de l'arc lémanique — Vaud, Genève, Nyon. Nos formateur·rice·s sont des ambulancier·ère·s diplômé·e·s : la question de savoir ce qui se passe réellement entre la troisième et la dixième minute, ils et elles y répondent par expérience.

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Sources

[1] Smyth M.A. et al., European Resuscitation Council Guidelines 2025 — Adult Basic Life Support, Resuscitation 215 (2025) 110771 : perte de 3 à 6 % de survie par minute de retard à la défibrillation ; recommandation des programmes d'accès public à la défibrillation (24h/24, 7j/7, armoires non verrouillées) ; enregistrement des AED auprès du service d'urgence ; placement fondé sur les données ; position sur les AED ultraportables : erc.edunote de transparence : le livret grand public publié par l'ERC en 2025 énonce une perte de 10 % par minute. Nous retenons ici la fourchette de 3 à 6 % du texte scientifique des recommandations, plus conservatrice.
[2] SECO — Commentaire de l'ordonnance 3 relative à la loi sur le travail (OLT 3), art. 36 « Premiers secours », version du 29 novembre 2024 : équipement d'urgence ciblé en fonction des risques ; compétence « utilisation d'un DAE si un tel appareil est disponible » ; formation à rafraîchir régulièrement ; objectif des trois minutes : seco.admin.ch
[3] Grand Conseil de la République et canton de Genève, rapports M 2164-A (26 avril 2016, propos rapportés en audition sur les directives DGS/OCIRT et le seuil de 150 personnes) et M 2164-B (Conseil d'État, 22 février 2017, délais d'intervention recommandés par l'Interassociation de sauvetage) : ge.ch/grandconseil
[4] Greif R. et al., European Resuscitation Council Guidelines 2025 — Systems Saving Lives, Resuscitation 215 (2025) 110821 : préparation des lieux de travail comme priorité de plaidoyer ; coalition AWARE et absence de politique européenne unifiée sur les AED au travail : erc.edu
[5] Pollack R.A. et al., Impact of Bystander Automated External Defibrillator Use on Survival and Functional Outcomes in Shockable Observed Public Cardiac Arrests, Circulation, 2018 (registre ROC Epistry, 9 sites aux États-Unis et au Canada, 2500 arrêts publics à rythme choquable, 2011-2015) : survie 66,5 % contre 43,0 %, rapport de cotes ajusté 2,62 (IC 95 % 2,07-3,31) ; sites industriels, rapport de cotes ajusté 5,57 (IC 95 % 2,30-13,44). Réserve : étude observationnelle ; le résultat par type de lieu porte sur des sous-groupes et son intervalle de confiance est large.
[6] SWISSRECA — Rapport annuel 2024, registre suisse des arrêts cardio-respiratoires (Fondation suisse des urgences cardiaques / 144.ch) : 144.ch. Précision de lecture : les 12 % désignent la survie à la sortie de l'hôpital parmi les personnes chez qui une réanimation a été tentée, selon la convention du registre Utstein.
[7] Mao D.R. & Ong M.E.H., Public access defibrillation: improving accessibility and outcomes, British Medical Bulletin, 2016 (revue narrative reprenant les données de Copenhague d'Agerskov et al., 2011-2013).
[8] Tierney N.J. et al., Novel relocation methods for automatic external defibrillator improve out-of-hospital cardiac arrest coverage under limited resources, Resuscitation, 2018 (canton du Tessin, 2802 arrêts géolocalisés, 2005-2015) : couverture à moins de 100 m de 23 % avec l'ensemble des 719 AED recensés, 15 % avec les seuls AED en accès public permanent.
[9] État de Vaud, Direction générale de la santé — Aide-mémoire « Défibrillateur communal AED », 19 janvier 2026 : acheminement en 4 minutes, disponibilité 24h/24, contrôle visuel hebdomadaire, annonce à la CASU 144 : publication.vd.ch. Réserve : ce document s'adresse aux communes vaudoises ; il constitue un standard de référence, non une obligation faite aux entreprises privées.
[10] Fondation Urgences Santé — Annoncer un défibrillateur (cantons de Vaud et de Neuchâtel) : urgences-sante.ch — formulaire vaudois : prestations.vd.ch
[11] SITG — Défibrillateurs en libre accès, canton de Genève (données de la centrale 144) : sitg.ge.ch
[12] Brunetti O. et al., Cost-effectiveness of an early defibrillation programme, résumé présenté au congrès Resuscitation 2013 (SUPSI et Fondazione Ticino Cuore, Tessin, 2002-2005 contre 2008-2012) : 15 190 CHF par année de vie sauvée. Réserve : résumé de congrès, comparaison avant/après sans randomisation, et calcul reposant sur une hypothèse de survie moyenne de cinq ans par patient·e.
[13] Stein P. et al., Impact of city police layperson education and equipment with automatic external defibrillators on patient outcome after out of hospital cardiac arrest, Resuscitation, 2017 (ville de Zurich, 2004-2009 contre 2010-2015) : survie 6,9 % contre 13,6 % ; 320 000 CHF de coût total, 37 000 CHF annuels de recertification. Réserve : plusieurs améliorations concomitantes du système de secours ; dans le sous-groupe défibrillé d'abord par la police, le gain n'atteint pas la significativité statistique (rapport de cotes ajusté 1,4 ; IC 95 % 0,7-2,9).
[14] Katz M. et al., Défibrillation semi-automatique : où en sommes-nous ?, Revue Médicale Suisse, 2008 (comparateurs économiques en francs suisses). Réserve : la conduite à tenir décrite dans cet article est dépassée ; seuls les comparateurs économiques sont repris ici. Pour les gestes, référez-vous aux recommandations ERC en vigueur.
[15] Save a Life — Rapport d'activités 2022, réseau genevois de premier·ère·s répondant·e·s (cumul octobre 2019 – décembre 2022) : 28 communes partenaires, 156 défibrillateurs installés en accès public : save-a-life.ch

Cet article présente une information générale et ne se substitue ni à un conseil juridique individualisé, ni aux recommandations médicales en vigueur. Pour la conduite à tenir en cas d'arrêt cardiaque, seules font foi les recommandations de l'European Resuscitation Council relayées en Suisse par le Swiss Resuscitation Council (SRC). Pour l'application précise du droit à votre entreprise, référez-vous aux textes officiels (OLT 3, directives cantonales) ou sollicitez un accompagnement spécialisé.

Défibrillateur automatique externe utilisé lors d'une formation BLS-AED en entreprise

« Est-ce qu'on est obligé·es d'avoir un défibrillateur ? » C'est la question qui revient le plus souvent quand nous formons une équipe en entreprise. La réponse tient en une phrase — et cette phrase passe complètement à côté de l'essentiel. Parce que la vraie question, celle qui décide de la vie d'un·e collègue, tient dans un chiffre : chez une personne dont le cœur est en rythme choquable, chaque minute qui passe avant le choc fait perdre 3 à 6 % de chances de survie [1]. Voici comment décider, en connaissance de cause.

Le sujet mérite d'être traité froidement, parce qu'il engage un budget, une responsabilité et — le jour venu — quelques minutes décisives. Cet article fait le point sur ce que le droit suisse exige réellement, sur ce que les cantons ajoutent, et sur ce qui distingue un appareil qui sauve d'un appareil qui dort dans un couloir.

1. La réponse courte : le droit fédéral laisse le choix

Le texte de référence reste l'article 36 de l'Ordonnance 3 relative à la loi sur le travail (OLT 3) : tout employeur doit organiser les premiers secours dans son entreprise. Le commentaire officiel du SECO, dans sa version du 29 novembre 2024, décrit l'équipement attendu comme « le matériel de premiers secours (pharmacie de premiers secours, boîte, valise ou sac à dos de pansements) et un équipement d'urgence ciblé en fonction des risques » [2]. Le défibrillateur automatique externe — AED dans l'usage suisse et dans les cours du SRC, « DAE » dans la terminologie des textes fédéraux — ne figure donc pas dans une liste de matériel imposée à toutes les entreprises : il relève de votre analyse de risques.

Le même commentaire pose toutefois une condition que beaucoup d'entreprises découvrent trop tard. Parmi les compétences que doivent posséder les personnes chargées des premiers secours, le SECO cite explicitement l'« utilisation d'un défibrillateur automatique externe, DAE, si un tel appareil est disponible » [2]. Autrement dit : dès l'instant où un AED est accroché à votre mur, former vos secouristes à s'en servir devient une exigence, et cette formation doit être « rafraîchie régulièrement » [2]. Acheter l'appareil crée l'obligation qui l'accompagne.

Une précision de transparence. Certains cantons et certaines branches vont plus loin que le régime fédéral. À Genève, un seuil de 150 personnes a longtemps circulé, rapporté en 2016 devant le Grand Conseil comme une directive cantonale imposant un défibrillateur et du personnel formé aux entreprises de plus de 150 collaborateur·rice·s [3]. Nous n'avons pas pu confirmer que ce seuil soit toujours en vigueur en 2026 : avant de vous en prévaloir — ou de le considérer comme caduc — la bonne démarche consiste à interroger directement l'OCIRT et la Direction générale de la santé de votre canton. La même prudence vaut pour les établissements soumis à des exigences sectorielles (accueil de l'enfance, EMS, installations sportives, manifestations publiques).

Il vaut la peine de noter où en est la réflexion européenne, parce qu'elle indique la direction. Dans ses recommandations 2025, l'European Resuscitation Council fait de la préparation des lieux de travail une de ses priorités de plaidoyer, et relaie la coalition AWARE, qui demande à l'Union européenne une disponibilité large des AED sur les lieux de travail — un domaine que la réglementation européenne actuelle laisse, de l'aveu même du texte, sans politique unifiée [4]. Le vide juridique est identifié. Les entreprises qui s'équipent aujourd'hui prennent simplement une longueur d'avance.

2. Le vrai enjeu se compte en minutes, pas en articles de loi

Voici le chiffre qui change la perspective. Chez une personne dont le cœur est en fibrillation ventriculaire, chaque minute de retard avant le choc réduit de 3 à 6 % la probabilité de sortir vivante de l'hôpital, et augmente de 6 % la probabilité que le choc échoue à corriger le rythme [1]. Mettez ce chiffre en regard de la réalité de votre étage : le SECO fixe comme objectif que deux personnes formées soient sur les lieux en moins de trois minutes [2], tandis que la norme de référence pour l'arrivée d'une ambulance se situe autour de 10 minutes en ville et 15 minutes en zone rurale dans 90 % des cas [3].

Entre la troisième et la dixième minute, il y a donc un intervalle que personne d'autre que vos équipes ne peut couvrir. Les données associent très fortement ces minutes-là au devenir des victimes : sur 2500 arrêts cardiaques publics à rythme choquable observés en Amérique du Nord entre 2011 et 2015, la survie à la sortie de l'hôpital atteint 66,5 % quand un·e témoin a délivré le choc, contre 43,0 % quand on a attendu les secours (rapport de cotes ajusté 2,62) — et l'écart se creuse à mesure que l'ambulance met du temps à arriver [5]. Dans cette même étude, c'est sur les sites industriels que le bénéfice du choc par un·e témoin ressort le plus fortement de tous les lieux analysés, avec toutefois un intervalle de confiance large [5]. Il s'agit d'une étude observationnelle : elle établit une association, pas une causalité.

À l'échelle suisse, la marge de progression saute aux yeux. Selon le registre national SWISSRECA (rapport annuel 2024), environ 12 % des personnes réanimées après un arrêt cardiaque hors hôpital sortent vivantes de l'hôpital, et un défibrillateur est utilisé avant l'arrivée des secours dans 11 % des situations seulement [6]. Le matériel existe. Ce sont les gestes qui manquent.

« En intervention, j'ai vu les deux scénarios. Celui où l'AED arrive dans les mains d'un·e collègue avant nous, et où on prend le relais sur quelqu'un qui a déjà un pouls. Et celui où l'appareil était à trente mètres, dans une armoire fermée à clé, et où personne ne savait. Le même appareil, deux histoires différentes. La différence, c'est l'entraînement. »

— Sébastien Martin-Achard, fondateur de Pulse Formations

3. Un AED utile, c'est un AED atteignable

Le constat le mieux documenté de toute la littérature sur la défibrillation d'accès public tient en une phrase : les appareils sont là, et ils restent dans leur boîtier — souvent parce que personne n'ose s'en saisir. À Copenhague, entre 2011 et 2013, 15,1 % des arrêts cardiaques survenaient à moins de 100 mètres d'un AED accessible, et un AED a été appliqué avant l'arrivée de l'ambulance dans 3,8 % des cas [7]. Au Tessin, canton pourtant très densément équipé, 23 % des 2802 arrêts cardiaques recensés entre 2005 et 2015 se produisaient à moins de 100 mètres d'un appareil — et ce taux tombe à 15 % si l'on ne compte que les AED réellement accessibles au public 24h/24 [8]. C'est ce second chiffre qui compte le jour J.

D'où les recommandations très concrètes de l'ERC 2025. Elles visent les AED en accès public ; nous les transposons ici à un bâtiment d'entreprise, où la logique est la même dès lors que l'appareil doit être atteint sous pression [1] :

  • Placer les appareils sur la base de données réelles : historique des arrêts cardiaques, délais d'intervention des secours, emplacement des AED existants alentour.
  • Les rendre disponibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, dans des lieux facilement accessibles et — le mot est explicite dans le texte — dans des armoires non verrouillées. Un AED derrière un badge ou une clé de réception satisfait mal ce critère : c'est un arbitrage à assumer en connaissance de cause.
  • Enregistrer chaque AED auprès du service d'urgence local, pour que la centrale puisse orienter un·e témoin vers l'appareil le plus proche pendant l'appel.

Sur ce dernier point, la démarche est simple en Suisse romande. La Direction générale de la santé du canton de Vaud, dans son aide-mémoire Défibrillateur communal AED du 19 janvier 2026, demande que chaque AED soit annoncé via le formulaire vaudois — c'est la seule façon de le faire connaître à la Centrale d'appels sanitaires urgents (CASU 144). Le même document fixe un objectif d'acheminement de l'appareil sur les lieux en quatre minutes maximum, recommande une disponibilité 24h/24 et 7j/7, et rappelle qu'un contrôle visuel hebdomadaire suffit à l'entretien courant, batteries et électrodes étant remplacées périodiquement [9]. Ce document s'adresse aux communes : il ne crée pas d'obligation pour une entreprise privée, mais il donne le standard attendu par le dispositif sanitaire vaudois, et la démarche d'annonce est ouverte à tout détenteur d'appareil [10]. Genève dispose de son côté d'une cartographie cantonale des défibrillateurs en libre accès, alimentée par le SITG et le 144 ; pour y faire figurer votre appareil, le plus simple est de passer par la centrale 144 genevoise [11].

Un point d'achat à connaître. Des AED « ultraportables » ou de poche sont apparus sur le marché. S'appuyant sur une revue conduite par l'ILCOR en 2025, l'ERC conclut que les données restent insuffisantes : le Conseil se déclare pour l'instant hors d'état de recommander leur adoption tant que des données cliniques de haute certitude ne démontreront pas un meilleur devenir des patient·es [1]. Pour un équipement d'entreprise, restez sur un appareil standard.

4. Le vrai calcul : ce que coûte un dispositif qui fonctionne

Les prix des appareils évoluent trop vite pour qu'un article les fige utilement : demandez deux ou trois offres à des fournisseurs suisses, en incluant le boîtier mural, les électrodes de rechange et la batterie. Ce qui se documente en revanche très bien, c'est le rapport coût-efficacité d'un programme complet, appareils et formation compris.

Le programme cantonal tessinois de défibrillation précoce, comparé sur les périodes 2002-2005 et 2008-2012, a été évalué à 15 190 francs par année de vie sauvée, pour un coût total de programme de 3,4 millions de francs, avec une survie à la sortie de l'hôpital passée de 7,0 % à 9,8 % [12]. À Zurich, équiper et former l'ensemble de la police municipale a coûté 320 000 francs au total, puis 37 000 francs par an de formation et de recertification ; entre la période 2004-2009 et la période 2010-2015, la survie à la sortie de l'hôpital est passée de 6,9 % à 13,6 % [13]. Pour situer ces montants : une revue suisse de 2008 citait 14 000 francs par année de vie sauvée pour l'aspirine en prévention secondaire, et 60 000 francs pour gagner une seconde sur le temps de réponse d'un service d'ambulances [14].

Trois réserves méthodologiques méritent d'être posées, parce que ces chiffres circulent souvent sans elles. L'évaluation tessinoise est un résumé de congrès reposant sur une comparaison avant/après sans randomisation, et son résultat dépend d'une hypothèse posée de cinq ans de survie moyenne par patient·e. L'étude zurichoise combine plusieurs améliorations simultanées du système de secours ; dans le sous-groupe des personnes défibrillées d'abord par la police, le gain de survie ne ressort d'ailleurs pas comme statistiquement significatif. Ces montants donnent un ordre de grandeur utile, pas une garantie de résultat.

La leçon budgétaire, elle, est constante d'une étude à l'autre : l'appareil est le poste le moins déterminant. Ce qui produit la survie, c'est l'emplacement, l'accessibilité permanente, l'enregistrement auprès du 144 et — surtout — des personnes entraînées qui iront le chercher sans hésiter. Un AED sans programme de formation adossé reste un investissement immobilisé.

5. Six décisions à prendre, dans cet ordre

  1. Commencez par les personnes. L'obligation de l'art. 36 OLT 3 porte sur l'organisation des premiers secours ; le commentaire du SECO y ajoute l'objectif d'une arrivée sur les lieux en moins de trois minutes [2]. Vérifiez d'abord que votre effectif de secouristes tient ce délai — c'est le préalable qui rend un AED utile.
  2. Décidez de l'emplacement avant de décider du modèle. Depuis le poste de travail le plus éloigné, quelqu'un doit pouvoir rapporter l'appareil en quatre minutes maximum [9].
  3. Choisissez l'accès permanent. Armoire non verrouillée, signalétique visible, disponibilité 24h/24 et 7j/7 [1].
  4. Annoncez l'appareil au 144. Vaud et Neuchâtel disposent chacun d'un formulaire d'annonce en ligne [10] ; à Genève, la cartographie cantonale est tenue avec la centrale 144 [11].
  5. Inscrivez l'entretien dans une routine. Un contrôle visuel par semaine, plus le suivi des dates de péremption des électrodes et de la batterie [9].
  6. Formez, puis reformez. Le SECO l'attend dès qu'un AED est présent, et les compétences s'entretiennent [2].

Six décisions, et une seule question à laquelle elles répondent toutes : si quelqu'un s'effondre chez vous à 16 heures, que se passe-t-il ?

6. Un appareil, ou un dispositif ?

C'est la distinction qui décide de tout, et les recommandations européennes 2025 y consacrent un chapitre entier : la survie après un arrêt cardiaque progresse par une approche de système, pas par des actions isolées [4]. Un défibrillateur acheté seul, posé au hasard d'un couloir, reste un objet. Un défibrillateur placé au bon endroit, signalé, connu de tout le monde, annoncé au 144 et entouré de personnes entraînées devient un dispositif — et c'est le dispositif qui sauve.

C'est exactement là que nous intervenons, au-delà du cours lui-même :

  • L'audit de couverture. Nous parcourons vos locaux avec vous, chronomètre en main : depuis quel poste met-on le plus de temps à rapporter l'appareil ? Combien en faut-il, et à quels étages ? Que se passe-t-il le samedi, ou quand la réception est fermée ?
  • Le choix et la mise en relation avec un fournisseur. Nous vous orientons vers du matériel adapté à votre situation et vous mettons en relation avec des fournisseurs suisses assurant l'installation et la maintenance. Vous gardez la main sur l'achat ; vous évitez de choisir à l'aveugle.
  • La procédure d'alerte. Qui appelle le 144 ? Qui part chercher le défibrillateur ? Qui descend guider l'ambulance jusqu'à l'étage ? Trois rôles à attribuer avant l'événement, jamais pendant.
  • La formation, puis son entretien. Formations BLS-AED certifiées SRC et cours de premiers secours sur site, avec vos locaux, vos horaires et vos risques réels comme point de départ — puis des rappels réguliers, parce que les gestes s'émoussent.

Cette approche, nous l'avons éprouvée à grande échelle. Avant Pulse Formations, Sébastien Martin-Achard a cofondé et dirigé Save a Life, le réseau citoyen genevois de premier·ère·s répondant·e·s : 28 communes partenaires et 156 défibrillateurs installés en accès public entre 2019 et 2022 [15]. Ce qui vaut pour un canton vaut pour un bâtiment : la même logique de couverture, à une autre échelle.

Nous accompagnons les entreprises, communes et associations de l'arc lémanique — Vaud, Genève, Nyon. Nos formateur·rice·s sont des ambulancier·ère·s diplômé·e·s : la question de savoir ce qui se passe réellement entre la troisième et la dixième minute, ils et elles y répondent par expérience.

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Sources

[1] Smyth M.A. et al., European Resuscitation Council Guidelines 2025 — Adult Basic Life Support, Resuscitation 215 (2025) 110771 : perte de 3 à 6 % de survie par minute de retard à la défibrillation ; recommandation des programmes d'accès public à la défibrillation (24h/24, 7j/7, armoires non verrouillées) ; enregistrement des AED auprès du service d'urgence ; placement fondé sur les données ; position sur les AED ultraportables : erc.edunote de transparence : le livret grand public publié par l'ERC en 2025 énonce une perte de 10 % par minute. Nous retenons ici la fourchette de 3 à 6 % du texte scientifique des recommandations, plus conservatrice.
[2] SECO — Commentaire de l'ordonnance 3 relative à la loi sur le travail (OLT 3), art. 36 « Premiers secours », version du 29 novembre 2024 : équipement d'urgence ciblé en fonction des risques ; compétence « utilisation d'un DAE si un tel appareil est disponible » ; formation à rafraîchir régulièrement ; objectif des trois minutes : seco.admin.ch
[3] Grand Conseil de la République et canton de Genève, rapports M 2164-A (26 avril 2016, propos rapportés en audition sur les directives DGS/OCIRT et le seuil de 150 personnes) et M 2164-B (Conseil d'État, 22 février 2017, délais d'intervention recommandés par l'Interassociation de sauvetage) : ge.ch/grandconseil
[4] Greif R. et al., European Resuscitation Council Guidelines 2025 — Systems Saving Lives, Resuscitation 215 (2025) 110821 : préparation des lieux de travail comme priorité de plaidoyer ; coalition AWARE et absence de politique européenne unifiée sur les AED au travail : erc.edu
[5] Pollack R.A. et al., Impact of Bystander Automated External Defibrillator Use on Survival and Functional Outcomes in Shockable Observed Public Cardiac Arrests, Circulation, 2018 (registre ROC Epistry, 9 sites aux États-Unis et au Canada, 2500 arrêts publics à rythme choquable, 2011-2015) : survie 66,5 % contre 43,0 %, rapport de cotes ajusté 2,62 (IC 95 % 2,07-3,31) ; sites industriels, rapport de cotes ajusté 5,57 (IC 95 % 2,30-13,44). Réserve : étude observationnelle ; le résultat par type de lieu porte sur des sous-groupes et son intervalle de confiance est large.
[6] SWISSRECA — Rapport annuel 2024, registre suisse des arrêts cardio-respiratoires (Fondation suisse des urgences cardiaques / 144.ch) : 144.ch. Précision de lecture : les 12 % désignent la survie à la sortie de l'hôpital parmi les personnes chez qui une réanimation a été tentée, selon la convention du registre Utstein.
[7] Mao D.R. & Ong M.E.H., Public access defibrillation: improving accessibility and outcomes, British Medical Bulletin, 2016 (revue narrative reprenant les données de Copenhague d'Agerskov et al., 2011-2013).
[8] Tierney N.J. et al., Novel relocation methods for automatic external defibrillator improve out-of-hospital cardiac arrest coverage under limited resources, Resuscitation, 2018 (canton du Tessin, 2802 arrêts géolocalisés, 2005-2015) : couverture à moins de 100 m de 23 % avec l'ensemble des 719 AED recensés, 15 % avec les seuls AED en accès public permanent.
[9] État de Vaud, Direction générale de la santé — Aide-mémoire « Défibrillateur communal AED », 19 janvier 2026 : acheminement en 4 minutes, disponibilité 24h/24, contrôle visuel hebdomadaire, annonce à la CASU 144 : publication.vd.ch. Réserve : ce document s'adresse aux communes vaudoises ; il constitue un standard de référence, non une obligation faite aux entreprises privées.
[10] Fondation Urgences Santé — Annoncer un défibrillateur (cantons de Vaud et de Neuchâtel) : urgences-sante.ch — formulaire vaudois : prestations.vd.ch
[11] SITG — Défibrillateurs en libre accès, canton de Genève (données de la centrale 144) : sitg.ge.ch
[12] Brunetti O. et al., Cost-effectiveness of an early defibrillation programme, résumé présenté au congrès Resuscitation 2013 (SUPSI et Fondazione Ticino Cuore, Tessin, 2002-2005 contre 2008-2012) : 15 190 CHF par année de vie sauvée. Réserve : résumé de congrès, comparaison avant/après sans randomisation, et calcul reposant sur une hypothèse de survie moyenne de cinq ans par patient·e.
[13] Stein P. et al., Impact of city police layperson education and equipment with automatic external defibrillators on patient outcome after out of hospital cardiac arrest, Resuscitation, 2017 (ville de Zurich, 2004-2009 contre 2010-2015) : survie 6,9 % contre 13,6 % ; 320 000 CHF de coût total, 37 000 CHF annuels de recertification. Réserve : plusieurs améliorations concomitantes du système de secours ; dans le sous-groupe défibrillé d'abord par la police, le gain n'atteint pas la significativité statistique (rapport de cotes ajusté 1,4 ; IC 95 % 0,7-2,9).
[14] Katz M. et al., Défibrillation semi-automatique : où en sommes-nous ?, Revue Médicale Suisse, 2008 (comparateurs économiques en francs suisses). Réserve : la conduite à tenir décrite dans cet article est dépassée ; seuls les comparateurs économiques sont repris ici. Pour les gestes, référez-vous aux recommandations ERC en vigueur.
[15] Save a Life — Rapport d'activités 2022, réseau genevois de premier·ère·s répondant·e·s (cumul octobre 2019 – décembre 2022) : 28 communes partenaires, 156 défibrillateurs installés en accès public : save-a-life.ch

Cet article présente une information générale et ne se substitue ni à un conseil juridique individualisé, ni aux recommandations médicales en vigueur. Pour la conduite à tenir en cas d'arrêt cardiaque, seules font foi les recommandations de l'European Resuscitation Council relayées en Suisse par le Swiss Resuscitation Council (SRC). Pour l'application précise du droit à votre entreprise, référez-vous aux textes officiels (OLT 3, directives cantonales) ou sollicitez un accompagnement spécialisé.